Heaven and Hell - Nashville Pussy - Girlschool - Hellfest - Clisson - 19 juin 2009 - Compte-rendu de concert - Concert review

Le festival Hellfest a lieu sur 3 jours.
L’affiche du 1er jour nous semblant alléchante, nous décidons de nous déplacer sur cette journée.

Départ à 7h30.

La route file vite à l’aller (le retour ça va être plus rude). Je conduis. La sono envoie la sauce dans la voiture avec du Amon Amarth, du Girlschool, du Primordial et, plus calme, un des deux disques en solo (en duo ?) de Moog/Way (alias chanteur et bassiste du groupe UFO). De quoi bien se chauffer les oreilles (et s’arracher les cordes vocales en se parlant par-dessus la musique).

Arrivée à 11h30. Le temps de prendre de l’argent dans la petite ville de Clisson, avec des personnes âgées qui nous saluent bien amicalement malgré (ou à cause de) nos tenues noires. C’est que le Hellfest c’est une sacrée manne pour la ville et les métalleux sont reconnus dans la presse locale comme étant des gens très calmes (c’est vrai non ?).

Arrivée à 12h45 sur le site même après avoir garé la voiture au parking hors du site, s’être restauré (casse croute) et avoir marché en suivant le flot des festivaliers.

Le site est vraiment chouette avec ses deux grandes scènes côte à côte (les groupes jouent bien entendu en décalé), ses deux autres scènes sous chapiteau et ses diverses activités (marché du disque que nous avons visité, striptease que nous n’avons pas vu, catch pas vu non plus, motos dans une boule d’acier pas vu non plus). Bonne nouvelle cette année : il y a plein de points d’eau, pas la peine de faire la queue comme l’année précédente à 20000 autour de 6 robinets. Les chiottes pour homme étaient en quantité suffisante mais étaient bouchées dès la fin de la première journée. Quant aux chiottes fermées, c’était l’enfer dès le début d’après midi. Bon ça sera les seuls points noirs.

L’ambiance des festivaliers est toujours aussi cool, farfelu, bon enfant, internationale et, ce qui est bien agréable, mixte.

Les zostilités démarrent aussi sec à 12h50 avec Girlschool. Les filles de Girlschool ont bien grandi depuis 1981. Après un démarrage de show perturbé par des soucis techniques pour leur nouvelle guitariste, elles assurent un show bien pêchu, rock n Roll et sans chichi. Perso je les aurais bien vues plus tard dans l’après-midi devant plus de monde. Elles avaient plus de punch que des groupes situés plus haut dans l’affiche (et ce malgré une balance lamentable mixant trop en avant la rythmique). En tout bien je suis bien content de les avoir enfin vues et saluées.


J’écoute un morceau du groupe God Forbid. Ça balance bien. Et puis après ça devient bof bof pas du tout ma tasse de thé. Repli stratégique pour acheter les jetons pour boire un coup tous ensemble. Temps également de tous nous mettre de la crème solaire car il fait diablement beau (chic).

Le groupe suédois Backyard babies assure un show bien rock bien pêchu. Ça s’écoute tranquille.

Il est temps d’aller jeter un œil au marché du disque/ tee shirts du Hellfest. Puis je viens voir la fin du show des Eyehategod. Pas mal du tout. Ça ressemble un peu à du stoner mais c’est du sludge (connaît pas, faudra que je jette une oreille).


15h55. Ça se remplit bien! Nashville Pussy assure un show bien rock (décidément quel début de journée). Ça braille, ça gueule, ça promet de la chatte de tous les genres. Les deux guitaristes affichent leurs atouts. La bassiste a à nouveau son improbable tenue avec ses longues chaussettes, ses bas, son bustier léopard, son soutien gorge JAUNE vif. La guitariste a son soutien gorge bleu profond. Le chanteur a le même tee shirt Judas Priest qu’à la Loco il y a quelques mois. Bref ça boit du Whisky, ça fume, c’est sexe, c’est malpoli, ça balance du rock bien gras et marrant et tout cela est bien plaisant. Les soli de la guitariste sont juste un poil inaudibles (dommage).

Pentagram n’étant pas venu, on tente Misery Index. Bof, on ne tient pas plus d’un morceau. Première pause de la journée.

Les affaires reprennent avec Buckcherry. Du hard rock basique qui devient vite chiant à mon goût (je ne suis pas le seul), la faute en grande partie à un chanteur poseur et sans voix (un comble dans le genre). Du coup les jetons descendent à un rythme soutenu.

Direction Samael. Sous chapiteau. Bof à nouveau. La batterie est sur bande et ça me donne l’impression que tout est faux dans le groupe. Dommage. Repli stratégique.

En attendant Papa Roach, j’écoute distraitement le groupe Voïvod. Ils ont l’air d’être très heureux d’être là. Le show devait être pas mal du tout si on était dedans depuis le début.

Papa Roach assure un bon show (meilleur à mon goût que celui qu’ils avaient fait avant Tool en 2001 au Zenith de Paris). Des problèmes de son cependant au début du show limitent considérablement l’impact des morceaux.

Je ne savais pas quoi attendre de WASP que je n’ai jamais écouté (c’est comme ça). Et bien ils ont fait un très chouette show avec des morceaux de hard rock à l’ancienne (années 80 quoi) qui rendaient très bien. Le chanteur a une si belle voix malgré les années que j’ai pensé à un moment que c’était une bande. Le show finit malheureusement en sucette car le groupe dépasse allègrement son temps de passage de 15 minutes, obligeant le groupe suivant à démarrer son show en simultané. C’est assez drôle. Quoi qu’il en soit le show de WASP est bien sympa.

Down démarre donc son show et ceci avec un gros son bien lourd. Le chanteur en fait des tonnes (trop?), le guitariste aussi (et que je me colle l’œil sur les caméras à 36 reprises) mais bon perso j’ai bien apprécié le son et l’ambiance créée. Pas des morceaux bien écrits (au sens refrain/couplet entraînants) mais un son qui évite l’ennui (ce qui n’est pas le cas pour moi sur leurs disques).

L’enchaînement Papa Roach, WASP et Down m’a bien plu. Il est temps pour nous tous d’aller boire un coup et de reposer rapidement nos jambes avant d'aller se placer devant la scène où vont jouer Heaven and Hell.

Anthrax joue à côté. Leur reprise de Antisocial de Trust assure bien. Le reste du show semble un peu mou et en tout cas clairement en dessous de la qualité de leur prestation en première partie de Motörhead au Zenith de Paris il y a quelques années.

Les roadies construisent la scène pour le groupe Black Sabbath. Pardon, pour Heaven and Hell. Un manoir est monté sur la scène, avec des chaînes. C’est sobre, pas de crânes ou de croix. Sobre à l’image du jeu de scène des deux guitaristes fondateurs du groupe. Tony Iommi et Geezer Butler que je vais voir de tout prêt (je suis au 15ème rang). Et avec ça Ronnie James Dio au chant. La bande son annonçant le morceau The Mob Rules retentit. Là où je suis, ça gueule et c’est plein de gars comme moi vachement excités à l’idée de voir ENFIN Black Sabbath et de reprendre en cœur les morceaux de leurs…14-16 ans. Les voilà sur scène. Cools comme je les imaginais. Tony Iommi fait la moue quand il n’est pas satisfait d’un accord et nous décoche un sourire lorsqu’il est satisfait d’un autre. Ce gars a des riffs de guitare incroyables. Geezer Butler est un bassiste ahurissant. Le son est clair et leur rend parfaitement justice. Quant à Dio, impossible de croire qu’il a bientôt 67 ans, sa voix est superbe, puissante. Heaven and Hell enchaînent les standards de l’époque Black Sabbath/Dio. Aucun morceau de Black Sabbath période Ozzy Osbourne (la période hitorique). De quoi au passage démontrer la qualité du Black sabbath de l’époque Dio. De nouveaux morceaux viennent d’ailleurs démontrer que le groupe a encore de belles choses à faire entendre. Les premiers rangs sont assez remuants (il y a 12000 personnes derrière nom ?). ça slamme, ça pousse fort, ça bastonne (les poings volent, les coups de gueule aussi). Pas grave car je gagne 5 rangs dans la cohue. De quoi clairement voir les historiques bouts de cuirs qui remplacent deux phalanges de la main gauche du guitariste gaucher Tony Iommi, phalanges qu’il a perdu avec une presse alors qu’il était ouvrier métallurgiste à Birmingham. La musique metal vient de là, des presses et des hauts fourneaux de Birmingham (et de Detroit). Face à ces guitaristes de légende, on chante en chœur, tout sourires dehors et heureux d’être là. Bref mon coup de cœur du Hellfest. 30 ans d’attente et pas déçu !

Après ce grand moment on se prépare pour le show de Mötley Crüe en écoutant d’une oreille distraite le groupe Saint Vitus. Le groupe joue un doom stoner très psychédélique années 70 qui a le mérite de reposer nos oreilles. A réécouter dans de meilleures conditions (là à minuit la fatigue commence à gagner).

Mötley Crüe font monter la pression en démarrant en RETARD d’un bon quart d’heure. Quand ils arrivent enfin, ils font tout sauter pendant 3 morceaux. La sono est à fond, le son est ENORME. La voix du chanteur est carrément BIZARRE. Comme si un gosse de 12 ans chantait avant d’avoir mué. Pas naturel. Je vois mal un gars de 50 balais chanter comme ça et je sens les effets à plein nez. Le son reste ENORME mais soudain toute la puissance s’envole. Le groupe s’écroule, se vautre dans les effets faciles, dialogue sans queue ni tête, quitte la scène et revient sans enchaînement. Bref la technique ne peut masquer bien longtemps le manque total de souffle du groupe. La vulgarité et l’ennui l’emporte. Je m’endors debout et peine à ne pas tomber (ce qui ne serait pas un bon plan dans le noir). Aucun d’entre nous ne souhaite attendre le rappel d’un show ennuyeux et nous quittons le festival en pestant après ce qu’est devenu Mötley Crüe et en repensant aux bons moments de la journée.

Il est 3h du matin et le retour va être long. Perso je lâche prise : visiblement épuisé je suis sommé de lâcher le volant au bout de 2 mètres et je me vautre à l’arrière où je ne vois même pas passer le premier rond point avant de m’endormir.

J’écris ce live report 3 jours après le concert et j’ai encore la gorge abimée par la poussière du Hellfest (due au sol en terre battue martelée par les festivaliers), par les innombrables volutes de fumées passives et par les hurlements lors des shows.

C’est vraiment un festival super, varié, bien placé, plein de gens sympas. Je réserve au moins un jour (voire plus en fonction de la programmation) pour l’année prochaine.
Heaven and Hell - Nashville Pussy - Girlschool - Hellfest - Clisson - 19 juin 2009 - Compte-rendu de concert - Concert review Heaven and Hell - Nashville Pussy - Girlschool - Hellfest - Clisson - 19 juin 2009 - Compte-rendu de concert - Concert review Reviewed by Concerts expos by Pat on septembre 20, 2009 Rating: 5

1 commentaire

abigail darktrisha a dit…

C'était une super année en effet, cette année est également très belle en programmation